Atelier de Capitalisation des acquis du PARJU

Au terme de quatre ans de mise en œuvre, le Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJU) amorce la phase de l’évaluation et explore les pistes de pérennisation de ses acquis. Ce, à travers un atelier de capitalisation dont les travaux ont été lancés ce vendredi à Conakry. Financé à hauteur de 20 millions d’euros par l’Union européenne, à travers le 10ème Fonds européen de développement (FED), le programme aura en effet positivement impacté l’ensemble du secteur de la justice en Guinée. C’est le ministre d’Etat ministre de la Justice, Cheick Sako, qui a lancé les travaux. Il avait à ses côtés son homologue de la Coopération et de l’Intégration africaine, Djenè Keïta.  

Concrètement mis en œuvre par un consortium mené par le cabinet B&S Europe, le PARJU a touché à de nombreux aspects relevant du secteur judiciaire. Il a particulièrement contribué à :

  • l’appui à la politique nationale de la réforme de la justice,
  • l’appui à l’administration centrale,
  • l’appui à l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance,
  • l’accompagnement  du centre de formation judiciaire  pour le recrutement et la formation,
  • l’appui aux juridictions et amélioration  de l’accès à la justice,
  • l’amélioration du cadre normatif,
  • à la définition et à l’appui à la mise en œuvre de la réforme du système pénitentiaire  et l’amélioration des conditions de détention,

Ces différents résultats faisant l’unanimité, les parties prenantes, à travers l’atelier qui a démarré hier, explorent désormais les pistes permettant de pérenniser les acquis, au-delà du programme. Aussi, l’atelier devrait permettre de dresser les avancées significatives de la justice et de les présenter aux autorités contractantes (Délégation de l’Union européenne, ordonnateur national du FED, ministère de la Justice) et aux bénéficiaires (membres de la société civile), de consolider les conclusions et plans d’actions issus des différentes missions et ateliers qui ont été menés, de faire  le point sur l’ensemble des projets de textes qui ont été élaborés, d’assurer une bonne appropriation des acquis du PARJU en cohérence avec les activités mises en œuvre par les autres partenaires.

Abdoulaye N’diaye, magistrat chef de mission de l’assistance technique du PARJU, exhorte la Guinée à s’inspirer des recommandations à elle formulées pour poursuivre et parachever le processus de réforme du système judiciaire.  « Le défi prochain du ministère de la Justice, c’est de veiller à ce que les recommandations et conclusions issues des différentes études, des différentes missions et activités soient mises en œuvre dans l’intérêt du ministère de la Justice et des citoyens guinéens », note-t-il.

Quant à elle, Djenè Keita, ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine, dans une logique d’évaluation du programme, estime qu’avec « les avancées notées dans le secteur de la justice en Guinée, nous pouvons relever avec satisfaction que de nombreux résultats ont  déjà été  atteints »

Jurate Smalskyte, Cheffe de l’équipe gouvernance à la Délégation de l’Union européenne en Guinée, est du même avis. D’ailleurs, elle énumère ici certains des acquis ayant résulté de la mise en œuvre du PARJU : «  le renforcement des capacités de l’institution judiciaire en République de Guinée, l’élaboration d’une importante réforme normative qui a principalement consisté en la mise en cohérence de nombreux textes à caractère législatif et réglementaire avec la constitution, les engagements internationaux de la Guinée et l’évolution sociale du pays, le renforcement des capacités humaines qui se sont opérées notamment par le recrutement et la formation de 100 auditeurs de justice et 100 élèves greffiers par le CFJ ainsi que la mise en œuvre d’activités de formation continue au profit des acteurs judiciaires et des cadres du ministère de la Justice ».

Ayant manifestement conscience des défis, le ministre de la Justice, en ce qui le concerne,  à l’occasion de son discours d’ouverture, a attiré l’attention des participants à l’atelier sur la nécessité de poursuivre les actions de réforme qui sont préconisées.